Interview d'Emmanuel Chollet,
— Emmanuel Chollet, vous venez de rejoindre l’équipe Timpani. En
quelques mots : votre parcours ?
Ma carrière professionnelle a démarré à Poitiers aux « Mondes du disque », un disquaire indépendant spécialisé. En 96, j’ai rejoint le service commercial de Virgin/Emi Music France puis celui d’Abeille ces deux dernières années. En parallèle, j’ai créé le label Fiat Lux dédié aux musiques électroniques.
— Qu’est-ce qui vous séduit dans le catalogue Timpani ?
Mon association avec Timpani est née de ma rencontre avec Stéphane Topakian,
son directeur. Son intérêt pour la musique française (mais pas uniquement), sa passion pour Furtwängler et la bonne cuisine m’ont séduit. Stéphane a beaucoup d’humour et ne se prend pas au sérieux. Nous sommes tous les deux extrêmement curieux et enthousiastes et surtout complémentaires dans notre travail. Une bonne alchimie je pense.
— Qu’attend le public d’un site « maison » comme celui-ci ?
Des mises à jour et une actualité régulières, des podcasts pour découvrir un peu plus l’univers des artistes et des compositeurs, pouvoir commander l’intégralité du catalogue disponible (ça sera chose faite à l’automne) et surtout beaucoup de clarté.
Vous êtes un fan de la littérature pour piano. Vos préférences ?
Le piano romantique allemand. Schumann, en particulier les Davidsbündlertänze, Nachtstücke, Bunte Blätter (par Richter, Sofronitsky ou Pennetier), Schubert (par Kempff ou Dalberto), Brahms, les Klavierstücke (par Kempff), le second concerto (par Richter). Le piano russe. Rachmaninov, les préludes, les moments musicaux et concertos (par Berezovsky ou Richter), Prokofiev (par Gillels), Scriabine Vers la flamme, par Richter. Chopin bien sûr, les sonates de Haydn et fantaisies de Mozart (par Brendel), Bach (par Kempff ou Fischer). La musique française notamment les Ballades et Nocturnes de Fauré (Heidsieck, Volanda, Hubeau), tout Ravel (par Dominique Merlet), l’intégrale du piano de Jean Cras (par Alain Jacquon), Debussy (par Bavouzet, Gieseking ou Dalberto). Granados (par Luisada ou DeLarocha)….
— Quel est le futur d’une maison comme Timpani dans le paysage
audiovisuel ?
Timpani est une maison atypique du fait de sa ligne éditoriale. Le label s’organise essentiellement autour de la musique française et compte à ce jour plus de 100 références vivantes et plus de deux cents grandes premières. Il est devenu incontournable dans le paysage du disque et de la musique. Nous fêterons bientôt ses vingt ans. Je suis optimiste, nous aurons toujours besoin de « consommer » de la musique. Cette consommation passera de plus en plus par le numérique. À nous de réinventer le système et le rendre plus excitant qu’il l’est actuellement. Je vois bien Timpani développer aussi dans l’avenir le spectacle vivant.